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Développement du vaisseau spatial ORION de la NASA

La construction d'Orion Artemis III a débuté

21 Août 2020 , Rédigé par De Martino Alain

Le premier élément usiné pour le module d'équipage Orion - Artemis III (un panneau de cône avec des ouvertures pour les fenêtres qui fourniront une vue spectaculaire de la Lune) a été conçu par l'entrepreneur principal d'Orion, Lockheed Martin, et fabriqué par AMRO Fabricating Corp., de South El Monte en Californie. 

Le panneau terminé va maintenant partir pour le Michoud Assembly Facility de la NASA, près de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, où les ingénieurs le souderont avec les autres panneaux du vaisseau pressurisé Orion.

En plus des éléments usinés pour le module d'équipage d'Orion, AMRO fabrique les panneaux pour l'étage central, l'adaptateur d'étage du véhicule de lancement et l'adaptateur d'étage Orion pour le Space Launch System (SLS) qui enverra Orion sur la Lune lors des futures missions Artemis.

Ensemble, Orion, SLS et EGS (Exploration Ground Systems) font appel à des fournisseurs dans 50 États, à Washington DC et à Porto Rico, dont près de la moitié sont des petites entreprises.

La construction d'Orion Artemis III a débuté
La construction d'Orion Artemis III a débuté

En vidéo, Orion et Artemis III chez AMRO (en):

26 août

La première pièce du  vaisseau pour Artemis III est arrivée à la NASA le 21 août. Dans les mois à venir, les six autres éléments du vaisseau pressurisé arriveront à Michoud où ils seront  soudés ensemble pour construire la structure d'Orion.

 

La construction d'Orion Artemis III a débuté
La construction d'Orion Artemis III a débuté
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Installation de l'adaptateur d'Orion

14 Août 2020 , Rédigé par De Martino Alain

Les techniciens du Kennedy Space Center en Floride travaillent à installer l’adaptateur qui reliera le vaisseau spatial Orion à son lanceur pour la mission Artemis I autour de la Lune. Il s'agit de l'une des dernières opérations matérielles majeures pour Orion à l'intérieur du « Neil Armstrong Operations and Checkout Building » avant son intégration avec le SLS.

Le cône de l'adaptateur du vaisseau spatial (vu en bas de la pile illustrée par les photos en fin d'article) se  connecte au bas du module de service d'Orion et rejoindra plus tard un autre adaptateur connecté au sommet de l'étage de propulsion cryogénique ICPS du SLS. Pendant le processus d'installation du cône sur Orion, le vaisseau spatial est sorti de la cellule d'assemblage et de tests finaux (Final Assembly and Systems Testing – FAST), et placé sur un support nommé Super Station. 

Après avoir lancé Orion vers la Lune, le vaisseau spatial se séparera de l'ICPS et de son cône adaptateur à l'aide de pyrotechnie et de ressorts.

Ensuite, avant de positionner Orion sur la fusée, les techniciens devront installer les revêtements qui protègent les conduites de fluide et les composants électriques de l'adaptateur du module d'équipage qui relie Orion au module de service.  Ils installeront également les panneaux solaires qui fourniront à Orion de l'énergie, les carénages largables de l'adaptateur du vaisseau spatial qui renferment le module de service lors du lancement ainsi que le couvercle de la baie avant qui protège le système de parachutes.

Installation de l'adaptateur d'Orion
Installation de l'adaptateur d'Orion
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Orion, un cockpit conçu avec son équipage, en vue des missions spatiales profondes

10 Août 2020 , Rédigé par De Martino Alain

Le vaisseau spatial Orion transportera des astronautes lors de leurs voyages vers la Lune. Pour s'assurer que l'équipage y arrive en toute sécurité lors des missions Artemis, l'équipe de conception prend en compte chaque détail de la vie et du travail à l'intérieur du vaisseau spatial.

Construire Orion lors de missions de plusieurs semaines nécessite que les ingénieurs réfléchissent à d'innombrables détails, à la fois, par exemple, pour créer un espace pour l'exercice physique au blocage de suffisamment de lumière dans la cabine pour permettre à l'équipage de dormir correctement.

Pour ce faire, l'équipe capitalise sur les données des missions actuelles et passées, comme les expéditions vers la Station spatiale internationale et le programme Apollo, et fait appel à une variété d'experts d'horizons divers.

Des spécialistes de l'acoustique sur le niveau de bruit réel dans la cabine dû aux équipements en marche, un concepteur de sacs de stockage d’objets contaminés par le feu et des couturières pour créer des sacs de couchage et des stores occultant ont donc été consultés. Un studio d'effets spéciaux a même été créé pour reproduire des vagues dans un espace contrôlé afin de tester le radeau de sauvetage.

Mais ces stores et ces sacs de couchage ne sont pas tout à fait ce qu’on peut rencontrer en camping. Non seulement les stores bloquent la lumière du soleil lorsque la cabine et l'équipage sont en configuration de sommeil, mais ils sont également dotés d’un habillage intégré qui permet de prendre des photos de l'espace sans être ébloui par les lumières de la cabine. Quant aux sacs de couchage, ils ont été simplifiés pour réduire leur masse et peuvent être suspendus à plusieurs endroits différents à travers la cabine afin de maximiser l'espace. Ils ont également des trous pour les bras afin que les astronautes puissent utiliser leurs tablettes avant de s'endormir.

Parce que des astronautes de différentes tailles seront envoyés sur la Lune, les panneaux d'affichage et les sièges doivent fonctionner pour 99% des personnes - d'une femme de 1,47 m et 42 kg à un homme de 1,95 m et 110 kg. Cela implique de rendre les sièges réglables pour que le plus petit ou le plus grand des astronautes puisse accéder à toutes les commandes.

Orion, un cockpit conçu avec son équipage, en vue des missions spatiales profondes
Orion, un cockpit conçu avec son équipage, en vue des missions spatiales profondes

Et même les signaux d'alarme ont été soigneusement étudiés. L'équipe d'ingénierie humaine d'Orion a découvert qu’en utilisant une alarme trop choquante, elle était plus susceptible de surprendre, plutôt que d'alerter les membres d'équipage. Pour éviter cela, les concepteurs ont trouvé une nouvelle tonalité d'alarme qui incite l'équipage à agir le plus rapidement possible en cas d'urgence.

D’ailleurs, l'une de ces urgences la plus redoutée est un incendie dans la cabine. On se souvient tous de la tragédie d’Apollo 1. Pour ce faire, les ingénieurs adoptent une approche de bout en bout des procédures d'urgence : Une fois que l'équipe a déterminé qu'un extincteur à base d'eau est le meilleur pour un incendie de batterie au lithium-ion, elle doit encore tester quels filtres peuvent nettoyer l'atmosphère de la fumée, s'assurer qu'ils ne seront pas obstrués par la vapeur dégagée lors de l'extinction du feu, et trouver un «sac anti-feu» spécial pour ranger ces filtres une fois l'air de l'habitacle à nouveau respirable.

Autre problème encore plus grave et plus complexe, une perforation dans la coque suite à une collision avec des débris spatiaux ou un autre vaisseau. Cela pourrait entraîner une perte d'air ou de pression dans la cabine. L'équipage devrait alors entrer immédiatement dans leurs combinaisons de lancement et d'entrée et retourner sur Terre.

Ce retour devant prendre 4 à 5 jours, les ingénieurs ont dû concevoir une combinaison dans laquelle l'équipage doit pouvoir vivre jusqu'à 6 jours, ce qui signifie penser à chaque « logement biologique ». Ces aménagements biologiques comprennent des aliments spécialisés pour réduire les déchets humains, un système de distribution de pilules et de médicaments à l'équipage dans leurs combinaisons et du matériel pour compartimenter les déchets. Vivre dans ce scaphandre pendant si longtemps serait probablement la chose la plus inconfortable que les astronautes n’aient jamais connue, mais cela les garderait en vie jusqu'à ce qu'ils rentrent sur Terre.

Orion, un cockpit conçu avec son équipage, en vue des missions spatiales profondes

Enfin, les tests sur les nouveaux designs et protocoles prennent de nombreuses formes. Il s'agit notamment d'exposer les tablettes informatiques à des radiations pour déterminer quand elles sont susceptibles de tomber en panne, de mesurer l'espace disponible d’un abri contre les gros pics de rayonnement solaire dans la cabine et d'exécuter des exercices d'urgence à l’intérieur d’une maquette de cette cabine.

«Nous ne pourrons jamais prédire complètement quelle sera la réalité», a déclaré Jason Hutt, ingénieur principal pour l'intégration des systèmes d'équipage Orion au Johnson Space Center à Houston. «Au lieu de cela, nous essayons de rendre nos conceptions suffisamment flexibles pour que, quelle que soit la situation réelle, l'équipe dispose des outils nécessaires pour s'y adapter et rentrer en toute sécurité.»

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