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artemis 1

Début des tests de radio-fréquence sur Orion EM-1

4 Mars 2020 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Deux semaines après la fin des tests thermiques et environnementaux à Plum Brook station, les tests de radiofréquence ont débuté sur Orion EM-1.

La compatibilité électromagnétique ou tests EMC (ElectroMagnetic Compatibility) sont courants pour les engins spatiaux. Tous les appareils électroniques émettent une certaine forme d'ondes électromagnétiques qui peuvent provoquer des interférences avec d'autres appareils comme le bourdonnement que des haut-parleurs émettent juste avant un appel entrant sur un téléphone mobile.

L'électronique des engins spatiaux peut provoquer des interférences similaires, mais dans l'espace, ces interférences peuvent avoir des conséquences désastreuses, de sorte que tous les systèmes doivent être vérifiés avant le lancement.

Les tests EMC ont souvent lieu dans une salle blindée spéciale construite avec des murs, des portes métalliques et des absorbeurs (des pointes en mousse) qui bloquent les rayonnements électromagnétiques externes indésirables, comme la chambre Maxwell de l'ESA sur son site technique aux Pays-Bas.

Bien qu'il ne s'agisse pas d'une chambre EMC, la chambre à vide thermique de Plum Brook est en aluminium et fournit donc un blindage électromagnétique, ce qui en fait un substitut approprié.

 

Pour tester l'électronique, le vaisseau spatial simulera un vol dans des conditions réalistes avec la plupart de ses sous-systèmes et équipements alimentés et en mode opérationnel.

L'électronique sera tout d'abord testée pour sa compatibilité dans cette chambre blindée électromagnétique. Ensuite, les équipements seront mis sous tension afin de vérifier qu’ils ne se perturbent pas entre eux.

Lors de la deuxième série de tests, des champs électromagnétiques seront appliqués à l'aide d'antennes autour de l'engin spatial pour tester la sensibilité des équipements aux interférences provenant de ces sources externes. Pour ce faire, la capsule Orion est équipée de capteurs de champ électromagnétique qui prendront des mesures lorsque les fréquences de perturbation sont injectées dans la chambre.

Bien que tous les sous-systèmes soient une source potentielle de bruit, les émetteurs qui génèrent intentionnellement ces radiofréquences sont particulièrement intéressants. Ceux-ci peuvent facilement perturber d'autres équipements sensibles au bruit électromagnétique, comme les récepteurs GPS, les modules de télécommande et d'autres éléments de communication.

Des experts de l'ESA surveillent sur place tous ces tests, aux côtés de collègues de la NASA.

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Orion Artemis 1 est à mi-chemin de ses deux mois de tests de vide thermique à Plum Brook Station

2 Février 2020 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Les tests vérifient non seulement que la conception du vaisseau spatial répond aux exigences, mais que les données collectées aident à calibrer les modèles analytiques de la façon dont la structure réagit aux conditions thermiques en vol et comment le système de contrôle thermique du vaisseau spatial réagit et à son impact sur la consommation d'énergie globale. Des tests fonctionnels ont déjà été effectués à deux points d'équilibre thermique froid, les tests actuels sont effectués à un point d'équilibre chaud.

Au début du test, l'intérieur de l'engin spatial a été dépressurisé à des conditions proches du vide pour évaluer les performances du système en condition d'urgence. 

« Le test se déroule de manière fantastique », a déclaré Mark Kirasich, directeur du programme Orion de la NASA. « 27 jours se sont écoulés depuis le début et grâce à quelques étapes franchies plus rapidement que prévu, nous terminerons probablement quelques jours plus tôt que les 63 jours attribués ».

Orion est enfermé dans un carénage cryogénique et un système de flux de chaleur pour refroidir et chauffer différentes parties de l'engin spatial et la chambre est vidée jusqu'à environ 3 × 10 -6  Torr* pour simuler les conditions de vide observées dans l'espace.

*Le Torr ou millimètre de mercure est indexé sur la pression atmosphérique normale : 1 bar correspond à 750 Torr. Ici, 3 × 10 -6  Torr correspond  à 4 × 10 -9 bar soit 0,000004 millibar.

« Nous sommes allés à deux différents points de froid fixés », a déclaré Kirasich. « La première consistait à simuler ce à quoi le véhicule se trouverait le plus souvent exposé, là où l’arrière de l'engin spatial est dirigée vers le Soleil et toutes les autres surfaces orientées à un certain degré vers l'espace lointain.»

Cette descente a duré 9 jours avant que la température sur le véhicule se stabilisent. Il y a environ un millier de transducteurs de température et chacun possède quatre ou cinq ensembles de critères. Au rythme de moins d’un degré de refroidissement par heure, chaque étape collecte des données et les enregistre, permettant de créer un modèle thermique. Et une fois le point froid atteint, il a été procédé à une vérification complète du vaisseau, tant sur les communications que sur les systèmes de propulsion, les pompes de refroidissements de l’avionique, etc.

Les premiers résultats montrent que certaines parties du véhicule réagissent un peu plus lentement que les modèles l'avaient prédit, alors que d'autres parties réagissent plus rapidement. Cela permet de mettre à jour les modèles de consommation d'énergie.

Le deuxième point d’équilibre froid a consisté à éteindre les radiateurs simulant le Soleil. La conséquence fut que la température du vaisseau spatial est encore descendue et la même collecte de données a repris jusqu’au 2ème point froid. Et Mark Kirasich de reprendre « Tout au long du test, c'était incroyable, le véhicule a été superbement performant ».

Un fois ces 2 tests terminés, le système de flux de chaleur a été réactivé pour atteindre un point thermique chaud extrême. Les mêmes données ont été récoltées jusqu’au niveau le plus chaud, c’est-à-dire lorsque les transducteurs ne changent plus d’état. Et à ce moment-là, on recommence les vérifications complètes du vaisseau.

Dans les jours à venir, la dernière étape consistera à refroidir de nouveau Orion au deuxième point froid puis le repressuriser. Dès lors, les conduites deviendront très froides à cause de l’expansion des gaz et cela permettra de s’assurer que toute la plomberie fonctionne, que rien ne gèle, rien ne s'arrête dans cette situation extrême.

Tout au long de ces différents essais, Orion restera sous tension. Il fonctionnera donc durant environ 1500 heures.

Une fois les tests thermiques terminés, la chambre sera reconfigurée pendant quelques semaines pour effectuer des tests d'inférence et de compatibilité électromagnétique (EMI / EMC - ElectroMagnetic Inference / Compatibility).

A la suite de cela, Orion retournera au KSC pour la suite des préparatifs…

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Début des essais thermiques pour Orion Artemis 1

7 Décembre 2019 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Maintenant que le vaisseau spatial Orion se trouve à Plum Brook Station, les techniciens se sont mis de suite au travail.

Orion a été placé dans une cage thermique appelée TES (Thermal Enclosure Structure) qui va émettre des rayonnements infrarouges en vue d'obtenir sa première sensation d'espace.

Ensuite, et durant les 2 mois que dureront ces essais dans la chambre à vide, afin de faire subir au vaisseau des changements de température allant de  –115°C à 75°C (les mêmes températures que celles rencontrées à la lumière directe du soleil ou à l'ombre de la Terre ou de la Lune pendant un vol spatial), un système nommé « Heat Flux » a été spécialement créé.

Le vaisseau, toujours dans sa cage thermique, sera entouré par ce « Heat Flux », un système capable de chauffer des parties spécifiques de l'engin spatial de n’importe quel côté grâce à un ensemble de grands panneaux, appelé carénage cryogénique.

Les tests devront démontrer que le vaisseau spatial fonctionne comme prévu et respecte les règles de sécurité les plus strictes pour les vols spatiaux habités.

Début des essais thermiques pour Orion Artemis 1

Une fois installé dans la chambre à vide, on distingue Orion dans sa cage thermique et au-dessus ainsi que sur les côtés, les panneaux cryogéniques.

Crédit : S. Corvaja – ESA.

Crédit : S. Corvaja – ESA.

Vidéo crédit : J.Zunt - Nasa

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Orion à Plum Brook Station

1 Décembre 2019 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Orion est donc arrivé à Plum Brook Station le 26 novembre. Il s'agissait du premier voyage du vaisseau spatial complet - de la taille d'une maison de deux étages - comprenant le module équipage, l'adaptateur de module d'équipage et le module de service européen de l'ESA.

Chargé dans le «Super Guppy» de la NASA, l'un des seuls transporteurs aériens capable de transporter d'aussi grosses charges, il a décollé du KSC pour atterrir sur l'aéroport de Mansfield, dans l'Ohio, à 80 km de sa destination finale.

Le reste du voyage s’est effectué sur un camion spécialement affrété et un «couloir spatial» a été dégagé pour lui permettre de passer en toute sécurité, avec notamment la suppression de plus de 700 lignes aériennes qui bloquaient le passage du convoi.

Orion à Plum Brook Station
Orion à Plum Brook Station

Soumettre au vide, alterner froid et chaud.

Les tests qui seront menés au cours des prochains mois devront démontrer que le vaisseau spatial fonctionne comme prévu et respecte les règles de sécurité les plus strictes pour les vols habités : Le module de service européen comprend 33 propulseurs, 11 km de câbles électriques, quatre réservoirs de propergol et deux de pressurisation qui fonctionnent ensemble pour assurer la propulsion et tout ce qui est nécessaire pour maintenir les astronautes en vie loin de la Terre.

Orion sera soumis à des températures allant de –115°C à +75°C sous vide pendant plus de deux mois - les mêmes températures que celles rencontrées à la lumière directe du soleil ou à l'ombre de la Terre ou de la Lune lors du vol spatial.

Orion à Plum Brook Station

Conformité électromagnétique.

Chaque composant électronique émet un champ électromagnétique pouvant affecter les performances des autres composants électroniques.

Une deuxième série d'essais, devant durer deux semaines,  vérifiera la résistance d'Orion à ces perturbations électromagnétiques afin de s'assurer que ses composants électroniques fonctionnent correctement et ensemble.

Tous ces tests devraient débuter en décembre et durer quatre mois. Après cela, Orion retournera au Kennedy Space Center pour les derniers préparatifs avant son lancement.

Orion à Plum Brook Station
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Orion en partance pour Plum Brook Station

24 Novembre 2019 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Le « Space Environments Complex (SEC) » est la plus grande et plus puissante installation de tests d’environnements spatiaux au monde. Elle est localisée à Plum Brook Station, un établissement déporté du NASA Glenn Research Center de Cleveland, Ohio.

Situé sur 2600 hectares dans la localité de Sandusky, sur le lac Érié dans l’Ohio, le SEC abrite une chambre à vide de simulation spatiale mesurant 30 mètres de diamètre pour 37 mètres de hauteur, une chambre d'essai acoustique réverbérant capable de simuler le bruit d'un lancement d'engin spatial jusqu'à 163 décibels ou aussi fort que la poussée de 20 réacteurs et une installation de vibration mécanique (Mechanical Vibration Facility ) soumettant les articles à tester aux conditions de lancement rigoureuses.

Une visite virtuelle à 360° du site et des installations est accessible à cette adresse : https://www.nasa.gov/specials/sec360/#

C’est vers ce lieu que le vaisseau spatial Artemis-1, accouplé au module de service ESM-1, doit s’envoler à bord du «Super Guppy» de la NASA - l'un des rares aéronefs pouvant transporter un engin spatial de la taille d'une maison à deux étages, dimanche 24 novembre 2019.

Crédits: NASA

 

Mais pour ce voyage, il a d’abord fallu extraire Orion du « Final Assembly and System Testing (FAST) », puis le fixer à un outil appelé « verticator » qui fait pivoter l’ensemble en position horizontale pour un transport plus aisé. Les quatre panneaux solaires seront eux acheminés séparément. Les capots rouges visible sur la photo ci-contre protègent les 36 propulseurs du module de service européen pendant le transport.

 

Le tout a ensuite été "emballé sous film" pour le vol, puis fixé dans un cadre métallique, un peu comme une cage, avec des anneaux maintenant Orion dans la soute Super Guppy.

Chargement dans le Super Guppy. Crédits: NASA

 

Après son atterrissage sur l’aéroport régional de Mansfield Lahm situé à cinq kilomètres au nord de Mansfield, dans le comté de Richland, dans l’Ohio, Orion poursuivra son voyage en camion afin de se rendre à Plum Brook pour sa prochaine série de tests, notamment des tests de vide et d’interférence électromagnétique, qui doivent débuter en décembre.

 

Ces essais dureront au moins jusqu'en mars 2020.

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Un simulateur de masse pour les essais au sol d'Artemis 1

4 Novembre 2019 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Afin de réduire les risques, préserver les coûts et le calendrier d’Artemis I, un simulateur de masse pour Orion (MSO - Mass Simulator for Orion) a été construit et est en cours de test structurel afin de remplacer le véritable vaisseau spatial Orion lors des essais au sol du système de lancement spatial (SLS) durant l'année prochaine.

Cet ensemble de quatre grands fûts en acier simulera la masse et le centre de gravité d’Orion au sommet du lanceur. Les fûts sont en cours de construction au Centre de recherche Langley de la NASA à Hampton, en Virginie, depuis février 2018. Entièrement assemblé, le MSO pèsera environ 34 tonnes.

Une fois les essais terminés au Centre de recherche Langley, le simulateur sera envoyé au Kennedy Space Center de la NASA et assemblé sur le SLS pour des tests intégrés dans le VAB.

Un simulateur de masse pour les essais au sol d'Artemis 1
Un simulateur de masse pour les essais au sol d'Artemis 1
Un simulateur de masse pour les essais au sol d'Artemis 1
Un simulateur de masse pour les essais au sol d'Artemis 1
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Artemis 1 complet

22 Juillet 2019 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Le vice-président Mike Pence s’est rendu samedi 20 juillet dans le Neil Armstrong Operations and Checkout Building en Floride pour commémorer le 50e anniversaire de l’atterrissage d’Apollo 11 sur la Lune et a annoncé l'achèvement du vaisseau spatial Orion pour la première mission lunaire Artemis.


Il était accompagné de Ron DeSantis, gouverneur de la Floride, Jim Bridenstine, administrateur de la NASA, Buzz Aldrin, pilote du module lunaire d'Apollo 11, Robert Cabana, directeur du Kennedy Center, Marillyn Hewson, PDG de Lockheed Martin et Rick Armstrong, fils de Neil.


Maintenant que les deux modules sont assemblés, les ingénieurs vont installer un panneau de protection thermique sur le vaisseau spatial et le préparer pour un vol en septembre à l'intérieur du Super Guppy à destination de Plum Brook Station à Sandusky, dans l'Ohio. Les tests effectués à Plum Brook permettront de s'assurer que les modules ainsi réunis peuvent résister à l'environnement de l'espace lointain.


Une fois les essais terminés dans l’Ohio, l’engin spatial sera renvoyé au Kennedy Space Center pour traitement final et inspections. Ensuite, les équipes alimenteront en fluides l’engin spatial et le transporteront dans l’emblématique Vehicle Assembly Building du KSC pour l’intégrer au SLS avant de le déployer sur le Launch Pad 39B pour le lancement d’Artemis 1.

Artemis 1 complet
Artemis 1 complet
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Livraison du moteur d'abandon au lancement pour Artémis 1

17 Juin 2019 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Le moteur d’abandon au lancement, l'un des trois moteurs essentiels du système d'interruption au lancement d'Orion, a été livré le 6 juin 2019 au Centre spatial Kennedy de la NASA en Floride et installé dans le LASF (Launch Abort System Facility). Ce moteur sera plus tard intégré aux sous-composants d'Orion et préparé pour l’ex mission EM-1 de la NASA, maintenant renommée mission Artemis 1.  

Il a été fabriqué par Northrop Grumman. Les autres moteurs du LAS sont le ceux de contrôle d’attitude et de largage. Ensemble, ils sont situés sur la tour d’abandon au lancement. Le LAS est conçu pour mettre la capsule Orion et son équipage à l'abri en cas d'urgence lors de l'envol du SLS.

Au cours d’Artemis 1, la sonde spatiale non habitée Orion sera lancée au sommet du SLS du Launch Pad 39B au KSC. Orion entreprendra une mission d'environ trois semaines qui le conduira à des milliers de kilomètres de la Lune. Orion reviendra sur Terre pour amerrir dans l'océan Pacifique au large des côtes de Californie, où il sera récupéré et renvoyé au Kennedy Space Center.

Livraison du moteur d'abandon au lancement pour Artémis 1Livraison du moteur d'abandon au lancement pour Artémis 1
Livraison du moteur d'abandon au lancement pour Artémis 1
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Les derniers éléments arrivent pour finaliser le montage d'Orion EM-1

1 Avril 2019 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Mi-mars, les 4 ailes solaires du module de service d’Orion ont été expédiées depuis le site Airbus de Leiden, aux Pays-Bas, à destination de l'aéroport de Miami, puis du centre spatial Kennedy.

Orion possédera 4 ailes de 7 mètres de long chacune.

Les derniers éléments arrivent pour finaliser le montage d'Orion EM-1

Depuis février, le module de service européen a subi des tests de propulsion fonctionnels. L'aspect «fonctionnel» signifie que l'avionique et les logiciels ont été testés sans que les moteurs ne soient allumés. Les essais cycliques thermiques, y compris divers tests fonctionnels, commenceront cette semaine.

Fin mars, la tuyère du moteur principal OMS-E était en cours d'installation et son mouvement d’orientation sera testé d’ici quelques semaines. Les ailes solaires seront installées à peu près au même moment.

Une fois tout installé, le module de service européen et l’adaptateur de module d’équipage seront soumis à une session de tests acoustiques en champ direct (D-FAT - Direct-Field Acoustic Testing) où ils seront soumis aux bruits extrêmes d’un lancement simulé.

Le D-FAT est une version plus mobile des plus grandes chambres acoustiques utilisées pour vérifier qu’un quelconque satellite survivra à un lancement. Le module de service sera entouré de larges haut-parleurs et les techniciens augmenteront le volume au même niveau sonore qu’au moment du lancement. Un article de test du module de service a déjà subi ce type de test D-FAT et un test acoustique plus traditionnel dans la chambre dédiée à Plumbrook dans l'Ohio, en 2016.

Essai acoustique sur un article de test du module de service à Plum Brook Station.

Essai acoustique sur un article de test du module de service à Plum Brook Station.

Le deuxième ESM en production à Brême

Alors que les travaux se poursuivent à un rythme soutenu aux États-Unis, le deuxième module de service européen est déjà en cours de montage dans le hall d'intégration d’Airbus à Brême, en Allemagne. Les premières parties du système de contrôle thermique et de stockage des consommables sont en cours d'installation, principalement les sous-ensembles et les plaques de refroidissement des radiateurs. Ces pièces fourniront une température sûre et agréable aux astronautes, de l'air à respirer et de l'eau à boire.

En parallèle, les châssis des propulseurs sont en cours d'installation pour le système de contrôle de réaction et pour les propulseurs auxiliaires. Outre son moteur principal, Orion utilise 24 propulseurs plus petits pour son contrôle d’attitude, regroupés en six modules de quatre, ainsi que huit propulseurs auxiliaires.

Les derniers éléments arrivent pour finaliser le montage d'Orion EM-1

Pendant ce temps-là, à White Sands

Au Nouveau-Mexique, le modèle de qualification pour la propulsion se prépare à une nouvelle série d'essais de mise à feu. Ce modèle de test est utilisé pour s'assurer que n’importe quel moteur s’allume à la demande et pour tester le système au fur et à mesure de leur «alimentation à chaud».

Le moteur principal et les moteurs auxiliaires ont été testés et en avril, les systèmes de contrôle de réaction seront mis en marche.

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Thomas Berger nous en dit plus sur Helga et Zohar

14 Février 2019 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Thomas Berger est spécialiste des radiations au Centre aérospatial allemand, DLR, et scientifique principal de l'expérience de radiation Matroshka - AstroRad (MARE - Matroshka AstroRad Radiation Experiment).

Le rayonnement cosmique est considéré comme le principal danger pour la santé des personnes voyageant vers la Lune et au-delà. Loin du champ magnétique terrestre et dans l'espace interplanétaire, l'impact sur le corps humain pourrait être jusqu'à 700 fois supérieur à celui de notre planète.

La radioprotection est un élément moteur de la conception d’Orion. Helga et Zohar, qui occuperont les sièges passagers lors d’EM-1, sont deux mannequins qui subiront les doses de rayonnement d'un survol lunaire.

Question : Comment Helga et Zohar sont-ils nés ?

Thomas Berger : L'idée d'une expérience de rayonnement à bord d'Exploration Mission-1 est née après une discussion avec Razvan Gaza de chez Lockheed Martin, principal contractant de la NASA pour Orion.

Razvan a contacté la communauté des radiations spatiales et s'est enquis des expériences possibles pour augmenter le rendement scientifique et contribuer à améliorer la sécurité des astronautes. Lockheed Martin travaillait déjà avec une start-up pour le développement du bouclier de protection contre les radiations « AstroRad ».

Après plusieurs itérations, nous avons soumis une proposition conjointe avec l’Agence spatiale israélienne (ISA) et, en 2017, la NASA nous a offert une opportunité de vol en tant que charge utile de recherche pour la première mission d’Orion autour de la Lune.

 

Q: Quels sont les défis de la construction des mannequins ?

T.B. : Ce sont des reproductions anatomiques de torses humains fabriqués à partir de matériaux plastiques pour imiter la densité des os, des tissus mous et des poumons. Ils sont constitués de 38 tranches et plus de 1 400 petits trous ont été forés pour accueillir de minuscules détecteurs de rayonnement qui cartographieront les doses de rayonnement.

Les différentes couches (Crédit : DLR)

 

Ils seront également équipés de détecteurs de radiations actifs récemment développés pour cartographier les radiations dans les organes et sur la peau. Au total, plus de 5600 capteurs passifs et 16 détecteurs de rayonnement actifs seront placés à l'intérieur et à l'extérieur de chaque mannequin.

Q: Est- ce que quelque chose de similaire a été fait pour mesurer le rayonnement sur Terre?

T.B. : Ce type de mannequin est largement utilisé sur Terre pour la planification du traitement du cancer dans les hôpitaux.

Le mannequin Matroshka

En outre, le mannequin, « Matroshka », a déjà mesuré les doses de rayonnement auxquelles les organes sont exposés à différents endroits, à l'intérieur et à l'extérieur de la Station spatiale internationale. Mais à la différence de ce dernier qui est masculin, Helga et Zohar seront les premiers mannequins féminins à s'envoler vers la Lune.

Matroshka dans l'ISS

Matroshka dans l'ISS

Q: A quelle dose les humains sont-ils généralement exposés sur Terre, dans l’ISS et aux abords de la Lune ?

T.B. : La dose de rayonnement à bord de la station spatiale est en moyenne 250 fois plus élevée qu'à la surface de la Terre. Dans l'espace interplanétaire, nous ne disposons pas de la protection fournie par le champ magnétique terrestre et les doses peuvent être beaucoup plus élevées - jusqu'à 700 fois plus !

 

Q: Quel est l'impact sur le corps humain en termes de rayonnement cosmique et de particules solaires éventuelles ?

T.B. : Nous devons faire face à deux sources de rayonnement dans l'espace. La première est le rayonnement cosmique galactique - un «fond de rayonnement» global modulé par le cycle solaire. Le rayonnement cosmique est toujours présent et constitue également la principale source de rayonnement responsable d'une possible augmentation du risque de cancer lors de missions de longue durée.

La deuxième source sont les événements imprévisibles d'éjection de particules solaires. Ces événements génèrent une dose de rayonnement élevée en peu de temps, ce qui conduit à ce que l’on appelle le «mal des radiations», s’il n’y a pas assez de protection disponible. Nous aurons donc besoin d'un abri « anti-tempête » à l'intérieur de notre vaisseau spatial et d'une radioprotection supplémentaire pour protéger les astronautes de ces violents excès de rayonnement.

Tableau comparatif des niveaux de rayonnement. Crédits: DLR / T. Berger

Tableau comparatif des niveaux de rayonnement. Crédits: DLR / T. Berger

Q: Quel est l'état actuel de l'expérience? Et quelle est la prochaine?

T.B. : Helga et Zohar sont actuellement au DLR, à Cologne, en Allemagne. Nous travaillons sur les prototypes de la structure qui les reliera aux sièges trois et quatre du module d'équipage d'Orion.

Tous les détecteurs de rayonnement actifs sont en cours d'étalonnage et de tests dans le bâtiment d'accélérateur à ions lourds (HIMAC - Heavy Ion Medical Accelerator Facility) à Chiba, au Japon. Ces détecteurs seront ensuite placés dans les organes simulés des mannequins.

 

Q: Comment cette  collaboration  internationale fonctionne-t-elle ?

T.B. : MARE est vraiment une entreprise internationale. Nous avons des contributions de diverses agences spatiales (NASA, DLR et Agence spatiale israélienne) et de sociétés (Lockheed Martin et StemRad). Le projet bénéficie également de nombreuses contributions d'universités et d'organismes de recherche du monde entier.

À titre d'exemple, tous les chercheurs participant à l’expérience « DOSIS 3D » de détections de rayonnement passifs à bord de la Station spatiale internationale participeront également à MARE. L’équipe fournira des détecteurs de radiations pour surveiller les doses sur la peau et dans les organes des deux mannequins.

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