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« NTD you are GO to proceed with the count ! »

28 Avril 2018 , Rédigé par De Martino Alain

Ce sont par ces mots que la directrice de lancement à la NASA, Charlie Blackwell-Thompson, autorisera le directeur de test de la NASA, NTD - NASA Test Director, à lancer le SLS et le vaisseau spatial Orion lors de la mission Exploration Mission-1 (EM- 1).

SLS et Orion font partie des systèmes d'exploration spatiale de la NASA conçus pour envoyer des humains vers des destinations lointaines, telles que la Lune et Mars. Une étape importante dans la préparation de ce premier vol a eu lieu le 29 mars avec la démonstration d'une partie du compte à rebours axée sur l'alimentation du nouveau lanceur. 

« Cette démonstration est importante parce que nous commençons à nous familiariser avec nos opérations de remplissage, les délais pour ce travail et les types de problèmes qui peuvent survenir » a déclaré M. Blackwell-Thompson. « Nous avons déjà commencé à rédiger nos procédures de compte à rebours et avoir l'opportunité de les exécuter est extrêmement bénéfique. Ce que nous apprendrons de cette démonstration et d'autres simulations à venir seront intégrés dans nos processus et procédures de compte à rebours ». 

Charlie Blackwell-Thompson avec Jeff Spaulding, NTD et Jeremy Graeber, directeur des essais de la NASA, dans la salle de tir 1 au KSC.


Ingénieure chevronnée qui travaille au KSC depuis 1988, Blackwell-Thompson dirigera l'équipe de lancement pour le premier test en vol de ce système de nouvelle génération. En tant que directrice de lancement, elle prendra la décision finale de « Go/NoGo » avant le décollage. Le NTD est le chef de l'équipe d'essais du SLS et est responsable de la direction et de l'intégration de tous les essais de soutien en vol et au sol pendant le compte à rebours.

Pour EM-1, le compte à rebours devrait prendre environ 45 heures et 40 minutes, deux jours donc avant le décollage. Pendant ce temps, l'étage de base du SLS et l'étage supérieur mettront environ six heures pour se remplir des 2700 m3 d'hydrogène liquide cryogénique et d'oxygène liquide qui alimentent les 4 moteurs du 1er étage et celui de l’étage supérieur.

Le compte à rebours est un ensemble soigneusement planifié de procédures menant à l'allumage du moteur et au décollage d'une fusée. Pour cette démonstration, le compte à rebours a débuté à H-16 heures incluant les préparatifs du chargement en propergol et a ensuite continué pendant environ cinq heures. 

Roberta Wyrick, qui a servi comme chef d'essai orbiteur pour de nombreux lancements de navettes spatiales, sera chef d'essai du système de lancement spatial pour EM-1.



Il n'y avait évidemment pas de SLS au LC 39B. Alors, pour la simulation, un logiciel appelé « émulateur » a fournit une expérience virtuelle de ce qui se passerait avec la fusée. 

Le compte à rebours simulé a eu lieu dans la salle de tir 1 (Firing Room 1) du centre de contrôle de lancement de Kennedy, où l'équipe sera présente le jour J. Les salles de tir constituent le cœur du système de commandement et de contrôle. Toutes les activités liées à la préparation des fusées, des engins spatiaux et des charges utiles sont contrôlées par la NASA et les gestionnaires et ingénieurs des fournisseurs privés, assis à des terminaux d'ordinateur. De même, toutes les activités sur les plates-formes de lancement peuvent être commandées à partir d'une salle de tir. 

Lors de la récente simulation, l'équipe de lancement s'est familiarisée avec les nouvelles consoles, les logiciels améliorés et les procédures pour le SLS. 

« Il était important d'avoir l'équipe de lancement dans la salle de tir, de pratiquer les protocoles, regarder nos écrans et voir comment nos émulateurs et nos simulateurs fonctionnent » a déclaré Blackwell-Thompson. « Ce que nous apprenons ici nous aidera à déterminer les changements nécessaires au fur et à mesure que nous progresserons et il y aura sans doute des ajustements, mais la salle de tir est maintenant installée, comme elle le sera le jour du lancement d’EM-1 ».

Environ 91 ingénieurs et gestionnaires seront affectés à l'équipe de lancement dans lasalle de tir Orion, soit moins de la moitié du nombre prévu pour le compte à rebours d'une navette spatiale.


Beaucoup de travail et beaucoup plus de simulations de compte à rebours multiformes restent à faire avant que l'équipe de lancement ne soit prête pour le premier décollage du SLS. Blackwell-Thompson a noté qu'il a fallu beaucoup de travail pour se préparer à la récente simulation et a félicité l'équipe de lancement pour leurs efforts exceptionnels. 

« Quand je pense à cette équipe, je pense à leurs compétences, à l'expertise, à l'amour et à la passion qu'ils apportent à leur travail » a-t-elle déclaré. « Ils sont exceptionnels et je me sens bénie de travailler avec des gens aussi formidables, je suis confiante que cette équipe sera prête pour le travail à venir et pour tous les défis qui viendront le jour du lancement ». 


 

Charlie Blackwell-Thompson en salle de tir 1.

Charlie Blackwell-Thompson en salle de tir 1.

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Des réservoirs et des panneaux solaires pour l’ESM

28 Avril 2018 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Le module de service européen a franchi une étape importante ces dernières semaines avec l'installation de ses réservoirs de carburant et les tests de ses panneaux solaires. 

Les grands réservoirs qui fourniront le propergol pour le vaisseau spatial sont maintenant bien ajustés à l'intérieur du vaisseau spatial, dans le bâtiment d’assemblage d’Airbus à Brême en Allemagne.

Les quatre réservoirs contiennent chacun environ 2 000 litres de propergol. Dans le vide spatial, il n'y a pas d'air, alors les réservoirs de carburant des engins spatiaux sont remplis d’oxydant et de carburant qui, une fois mélangés, s’enflamment et fournissent la poussée nécessaire. 

Les deux ensembles de réservoirs sont reliés par des conduites complexes vers les 33 moteurs. Des capteurs et des ordinateurs contrôlent le système. 

Le module de service européen est un petit mais complexe engin spatial rempli d'équipements. Les grands réservoirs ont donc été installés en dernier pour permettre aux techniciens de disposer de plus de place pour travailler. Thierry Kachler, responsable de la propulsion à ESA pour Orion, a déclaré : «L'installation des réservoirs fut une réussite et un grand pas vers le début des essais d'acceptation finaux en Europe ».

Des réservoirs et des panneaux solaires pour l’ESM

Pendant ce temps, les panneaux solaires qui fourniront l'électricité à Orion sont testés au « Technical heart » de l’ESA, aux Pays-Bas. Repliés sous la coiffe, ces fragiles panneaux solaires devront survivre au lancement à bord du SLS. Une fois libérés de la fusée, ils se déplieront et se tourneront vers le Soleil pour fournir de l'énergie. 

Pour s'assurer qu’ils fonctionneront après le lancement, les ingénieurs de l'ESA les soumettent à des tests rigoureux qui dépassent de loin ce qu'ils subiront le jour du lancement. Cela consiste à les faire vibrer sur une table tremblante et les placer devant d’énormes enceintes acoustiques qui recréent les conditions de lancement. Une fois ces tests réussis, ils pourront être envoyés à Brême pour rejoindre le module de service ESM. 

Celui-ci doit être livré aux Etats-Unis cet été pour d'autres tests et son intégration avec l'adaptateur du module d'équipage.

Des réservoirs et des panneaux solaires pour l’ESM
Des réservoirs et des panneaux solaires pour l’ESM
Des réservoirs et des panneaux solaires pour l’ESM
Des réservoirs et des panneaux solaires pour l’ESM
Des réservoirs et des panneaux solaires pour l’ESM

16 mai 2018

Après le succès des tests de vibration et acoustique, les ailes ont été déplacées dans une salle blanche d'Airbus à Leiden, aux Pays-Bas, pour des tests de déploiement. 

Les ailes solaires sont repliées pour le lancement, mais doivent se déployer une fois le vaisseau dans l'espace pour pouvoir convertir les rayons solaires en électricité.

Les ailes imagées ici se sont déployées en moins de deux minutes, bien en dessous des 5 minutes requises. Grâce à un interrupteur, des couteaux thermiques ont été mis sous tension, coupant les câbles de retenue et libérant les maintiens par paires.

Des réservoirs et des panneaux solaires pour l’ESM
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Le nouveau programme d'actions pour le SLS et Orion

25 Avril 2018 , Rédigé par De Martino Alain

On sait maintenant qu’il y aura 2 plateformes mobiles pour le SLS (ML-1 et ML-2). Cela permettra d'utiliser davantage le lanceur pour des missions habitées ou uniquement de fret. Le premier grand vol avec une cargaison sera la mission Europa Clipper lancée sur une version SLS Block 1, variante qui pourra désormais voler quatre fois au lieu d'une, avant que la version plus puissante dite Block 1B soit prête et lancée par le nouveau ML-2 au milieu des années 2020.

Mais revenons un peu aux plans précédents

À l'origine, Exploration Mission -1 (EM-1) et Exploration Mission -2 (EM-2) étaient proches les unes des autres, avec un Orion inhabité envoyé sur un vol d'essai autour de la Lune avant que la mission ne soit répétée avec des astronautes.

Les améliorations apportées à ce plan ont été nombreuses, y compris une évaluation du lancement d’un équipage dès la première mission EM-1 mais rejetée, les responsables se penchant alors sur la mise en service de la fusée Block 1B, plus puissante, dès EM-2. Mais le changement majeur du lanceur entre Block 1 et Block 1B se situe au niveau de l’étage supérieur, le Block 1 utilisant le DCSS (Delta Cryogenic Second Stage) éprouvé d’United Launch Alliance (ULA) et le Block 1B utilisant la nouveau Exploration Upper Stage (EUS).

Malheureusement, la phase de conception de l'EUS n'est même pas sur le point d'être achevée, des notes récentes indiquant que l’EUS pourrait ne pas être prêt à voler avant au moins le milieu des années 2020. Cela signifie que la NASA devra s'appuyer sur la configuration SLS Block 1 bien plus longtemps que prévu.

L'Exploration Upper Stage (EUS)

C’est donc à cause de ces nombreuses contraintes de calendrier, telles que la disponibilité des équipages d’Orion, les difficultés rencontrés sur le logiciel du SLS et un objectif global à atteindre avec le lanceur, que les responsables réalignent en permanence les perspectives des missions à court terme.

Le ML-1

L'énorme structure est en cours de modification afin de répondre aux exigences du SLS Block 1. Le plan, jusqu'à cette année, était de le modifier ensuite pour le SLB Block 1B après le vol d'essai EM-1 non habité. Mais la reconfiguration du ML prenant jusqu'à deux ans, était l'une des principales raisons pour lesquelles les missions EM-1 et EM-2 originales comportaient un écart pluriannuel entre elles.

Et c’est sans compter sur le problème d’inclinaison et de légères torsions constatées lorsque l'ensemble des bras ombilicaux ont commencé à être installés. Le problème est connu, compris et continuera à être surveillé. Des modifications vont donc y être apportées pour que le ML-1 soit prêt à lancer la mission EM-1 en 2020.

Le ML-2

ML-2 sera conçu dès le départ pour être utilisé uniquement par la variante SLS Block 1B. Trois ans de construction seront nécessaires pour sa structure de base en acier, après quoi il devrait être équipé de tous son matériel de soutien-sol et de ses bras ombilicaux. Son financement est d’ores et déjà acquis.

 Les bras ombilicaux pour ML-2 seront des copies directes de ceux du ML-1, les seules différences seront un nouvel ombilical pour l'EUS, spécifique au block 1B et un second bras stabilisateur situé au niveau de l'interface « étage supérieur / charge utile ». Les constructions et installations des ombilicaux et bras devraient prendre quelques années de plus après la fin de la construction en acier primaire du ML-2.

Différences entre ML-1 et ML-2

Différences entre ML-1 et ML-2

Les différents programmes d’action du SLS

On a vu que les missions EM-1 et EM-2 seraient lancées avec un SLS Block 1 donc avec un DCSS éprouvé. Cependant, en raison des délais d'Orion, il est peu probable que les deux missions combleront l'écart pluriannuel précédemment cité. Ce qui permet d’envisager, pour combler cet écart,  l’utilisation d’un SLS Block 1 pour lancer la mission Europa Clipper en 2022 qui à l'origine devait utiliser un Block 1B afin de permettre à l'EUS d'être éprouvé en vol avant de lancer une mission habitée. La NASA a alors décidé qu'un équipage pourrait être lancé sur le premier Block 1B avec un EUS non testé en vol.

Mais des enquêtes sont en cours sur la perte de performance de la mission Europa Clipper volant sur le Block 1. En effet, cela augmenterait de façon significative le temps de transit de la sonde de plusieurs années et c’est la raison pour laquelle SpaceX avec sa Falcon Heavy pourrait forcer la main de la NASA afin de s’approprier le lancement de cette mission… 100 millions de dollars pour une FH alors que les dernières estimations du SLS situent le coût par mission entre 500 millions $ (de la NASA en 2013) à 1,5 à 2,5 milliards $ (estimations prudentes de l'industrie en décembre 2017) !

Europa Clipper

Si Europa Clipper reste sur SLS, comme le prévoit actuellement la loi du Congrès, le troisième vol de SLS serait à nouveau une variante du Block 1 pour la 1ère mission habitée. Et un quatrième vol du block 1 sur le manifeste peut encore être nécessaire avant que l'EUS et le ML-2 ne soient prêts.

Une fois que les Blocks 1B et ML-2 seront prêts, le destin de ML-1 devrait probablement se transformer, étant donné que le Block 1 n'est pas considéré comme véhicule à long terme. Il est entendu qu’à ce moment-là, le ML-1 serait reconverti pour fournir au Block 1B des capacités de mission uniquement pour du fret tel le « Lunar Orbital Platform – Gateway » (LOP-G).

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Une fenêtre sur l'espace

24 Avril 2018 , Rédigé par De Martino Alain

Une fenêtre multicouche sur un vaisseau spatial fournit aux astronautes la vue dont ils ont besoin pour naviguer dans l'espace et effectuer leur mission d'exploration à l’aide, aussi, de données visuelles. La NASA s'efforce donc d'améliorer la durabilité de ces hublots et d’en réduire leurs coûts et poids, tout en conservant la netteté dont les astronautes ont besoin pour accomplir leurs tâches, voir la Terre ou d'autres destinations, plus loin dans le système solaire. 

La fenêtre sur le monde d'Atlantis

La navette spatiale utilisait uniquement des vitres pour ses fenêtres principales. Alors que celles-ci fournissaient une bonne qualité optique, elles ajoutaient un surpoids coûteux pour l'engin spatial. De nos jours, les fenêtres des vaisseaux spatiaux incorporent de l'acrylique et d'autres plastiques plus légers, plus résistants et moins cassants, mais qui fournissent souvent des propriétés optiques de qualité inférieure. 

Il y a quelques années, la NASA a donc décidé d’entreprendre des études pour assurer une qualité optique des vitres utilisées sur les vaisseaux spatiaux, privés ou de l’agence. Chaque fenêtre doit permettre aux astronautes d'avoir une vue claire et ainsi permettre à leurs appareils de capturer les meilleures photos possibles. 


Récemment, une équipe du programme de recherches et de technologies d'exploration du Centre spatial Kennedy a effectué les premiers tests de qualité optique sur une fenêtre prête à être installée sur l’écoutille du vaisseau spatial Orion. Sur ce vaisseau, trois types de vitres forment la fenêtre de la trappe. Cette combinaison hybride de verre et de plastique est une première pour la NASA et protégera les astronautes dans l'engin spatial, car le rôle d’une des vitres est de protéger de la chaleur de la rentrée atmosphérique, une autre en acrylique du vide spatial, la troisième servant de redondance.

Vue de l'écoutille d'Orion EM-1

Le problème est que lorsque vous utilisez plusieurs couches de matériau pour une fenêtre, l'image que vous voyez en dehors peut être déformée. Les tests récemment effectués déterminent la quantité de distorsion de l'image - les variations de l'image observées à travers un matériau optique. Ce sont des variations dites de "front d'onde" que l’on pourrait comparer à ce que l’on voit lorsqu’on regarde quelque chose dans l'eau quand la surface bouge. 

Cependant, selon Mark Nurge du KSC, cette fenêtre conçue pour Orion ne devrait pas être un problème. « L'assemblage de la fenêtre s’est révélé environ 10 fois meilleur que les exigences du front d'onde », a-t-il déclaré. 

Les données de ces tests aident à améliorer les exigences de qualité optique sur les fenêtres d'Orion et à vérifier comment elles devraient fonctionner dans l'espace. L'équipe du KSC est responsable des tests de toutes les fenêtres d’Orion, et travaille également avec les fournisseurs du Commercial Crew Program afin de tester les hublots de leurs vaisseaux spatiaux prévus pour la desserte de la Station spatiale internationale. 

Les premières expérimentations mesurent les variations de la planéité de la vitre avec une précision allant jusqu'au niveau de dizaines de nanomètres. Le dispositif utilisé dans le test permet de montrer des différences minimes entre les nouvelles fenêtres et celles qui ont été soumises aux pressions simulées de l'espace. Le but ultime est de déterminer s'il y a des distorsions en dehors du seuil prescrit, afin que les astronautes à bord du vaisseau spatial puissent prendre des images les plus précises possibles.

Ci-dessous, dans un laboratoire du Neil Armstrong Operations and Checkout Building au Kennedy Space Center de la NASA en Floride, Mark Nurge, à gauche, physicien au Laboratoire de physique appliquée du programme de recherches et de technologies d'exploration du KSC, et Bence Bartha, spécialiste des tests non destructifs, effectuent les premiers essais de qualité optique sur une fenêtre complète prête à être installée dans l'écoutille du vaisseau spatial Orion.

Les données issues de ces essais permettront d'améliorer les exigences de tolérances de fabrication des hublots et vérifieront leurs performances dans l'espace.

Une fenêtre sur l'espace

Ci-dessous, Mark Nurge examine les données lors du premier test de qualité optique sur une fenêtre prête à être installée sur Orion.

Une fenêtre sur l'espace
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Des gilets de haute technologie pour se protéger des radiations

18 Avril 2018 , Rédigé par De Martino Alain

 Les particules de haute énergie et le rayonnement électromagnétique qui remplissent l'espace profond peuvent déchirer notre ADN, parfois de façon irréparable. Cela peut causer des maladies cardiovasculaires et empêcher la génération de nouvelles cellules cérébrales.

À l'heure actuelle, nous n'avons développé aucun moyen de protéger les astronautes contre ce rayonnement mortel. Les solutions proposées vont de l'argile des astéroïdes comme bouclier aux maisons souterraines en régolite sur Mars, mais ces concepts sont loin d'être réalisables.

La compagnie israélo-américaine StemRad qui fabrique et vend des équipements de protection individuelle contre les rayonnements ionisants a donc signé un accord avec la NASA stipulant qu'un gilet de radioprotection nommé AstroRad sera utilisé sur des mannequins lors de la mission EM-1 autour de la Lune et sur l'ISS dès 2019. 

Fondée en 2011 suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, l’idée de cette société est de protéger le personnel contre les rayons gamma mortels lors de leurs interventions. Beaucoup de sapeurs-pompiers et d’ingénieurs ont succombé à ce qu’on appelle la « maladie des rayons » à Tchernobyl.

Le bouclier 360 Gamma

Ce nouveau modèle s'appuie sur l'ancien bouclier antiradiation appelé « 360 Gamma », qui est actuellement utilisé sur Terre par les premiers intervenants en cas d'incidents nucléaires. Il y a quelques différences dans la façon dont les deux fonctionnent, en raison de la différence de nature entre le rayonnement gamma sur Terre et le rayonnement spatial et StemRad a du collaboré avec Lockheed Martin pour adapter sa technologie à son utilisation dans l'espace.

Par exemple, le 360 Gamma se concentre sur la protection de la moelle osseuse dans la région pelvienne. L'AstroRad élargit cette approche non seulement en protégeant la moelle osseuse, mais aussi en concentrant la protection sur d'autres organes sensibles aux radiations tels que les poumons, l'estomac et le côlon, ainsi que sur le tissu glandulaire mammaire et les ovaires des femmes astronautes. Ce faisant, il empêche non seulement la maladie des rayons, mais minimise aussi le développement du cancer.

Pour renforcer davantage la protection, l'AstroRad met l'accent sur la protection des concentrations de cellules souches au sein de ces organes. Comme les cellules souches donnent naissance à des dizaines de milliers de cellules filles, prévenir leurs mutations est d'une importance primordiale pour réduire la probabilité de cancer. Son efficacité de radioprotection a été démontrée à l'aide de simulations au Johnson Space Center et des tests de qualification de vol sont en cours.

L'AstroRad

Le projet AstroRad est maintenant dans une phase avancée de prototype et Oren Milstein, co-fondateur de la société avec Daniel Levitt, se dit confiant dans le fait que le bouclier soit prêt l’année prochaine.

 «Du point de vue de la radioprotection, le vol à destination et en provenance de Mars représente le plus grand risque, et la conception actuelle d'AstroRad correspond très bien à l'atténuation de ce risque» a expliqué Milstein. « Fournir une protection radiologique personnelle pour les missions d'atterrissage sur la surface de Mars nécessitera des modifications de la conception actuelle que nous sommes en train d’étudier. » 

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Des avancées sur EM-1 mais toujours des retards...

4 Avril 2018 , Rédigé par De Martino Alain Publié dans #Artemis 1

Le 26 mars, lors du conseil consultatif de la NASA, les responsables pour l’Exploration Humaine de la NASA ont fourni des informations sur le développement, les tests et les préparatifs du premier vol du vaisseau spatial Orion et du SLS qui devraient être lancés en 2020. 

Mais la construction du core central du SLS et de l’ESM européen a d’ores et déjà pris 3 mois de retard.

En effet, le premier ESM de vol (FM-1 pour Flight Model-1) est en cours de montage chez d'Airbus Defence & Space à Brême, en Allemagne. Il devait être expédié KSC en avril pour commencer son intégration avec les autres éléments d’Orion, à savoir le Crew Module (CM) et le Crew Module Adapter (CMA) mais des problèmes de fabrication, de production et de montage ont ralenti les travaux d'assemblage et de test du FM-1 avant son expédition sur le site de lancement. On estime actuellement que le module n’arrivera au KSC qu’en juin. Mais ce retard aurait tendance à diminuer, maintenant que tout le matériel est disponible et prêt au montage.

Les deux photos ci-dessus et ci-contre montrent d’ailleurs que l’installation des réservoirs de propergols et du moteur du système de manœuvre orbital (OMS-E) a commencé.

Les différents jalons à venir pour l'ESM

Les différents jalons à venir pour l'ESM

Une fois les 3 éléments principaux assemblés (CM, CMA et ESM), le vaisseau partira à Plum Brook Station, le Centre de recherche Glenn de la NASA à Cleveland, Ohio, pour y subir une série de tests avant de retourner au KSC pour les préparations du lancement final. L’arrivée de l’ESM en avril devait coïncider avec le départ à Plum Brook Station en fin d’année pour un retour au KSC en mai 2019.

En conséquence, l’assemblage ESM - CMA est maintenant prévu pour juillet, l'accouplement du CM au module de service entièrement assemblé (ESM – CMA) pour décembre et l’expédition vers Plum Brook Station pour février prochain.

Les différents jalons à venir pour Orion

Les différents jalons à venir pour Orion

Le premier étage central du SLS, Core Stage-1 (CS-1), est en construction au Michoud Assembly Facility (MAF) à la Nouvelle-Orléans en Louisiane. Son assemblage devrait être terminé pour la fin d’année - début 2019 puis il sera expédié au Centre Stennis pour y être soumis à un test appelé “Green Run” : Fixé sur le banc d'essai B-2, ce 1er étage subira toutes sortes de tests qui consisteront en une première mise en froid, un premier remplissage en ergols et un premier allumage des 4 moteurs RS 25 durant 8 minutes.

Les moteurs sont l'un des seuls éléments éprouvés en vol et les tests seront axés sur la validation des performances de l’étage et de ses éléments, tels que le compte à rebours et le séquencement, les opérations du système de propulsion, le contrôle vectoriel…

Le calendrier prévoyait l'achèvement de l'assemblage et de l'intégration de tout le matériel dans la section moteur en mai de cette année, mais le travail a pris du retard suite à des problèmes de contamination, résolus depuis et le mois d’août parait le plus probable pour la fin de cet assemblage.

Après une période de remise en état suite aux tests sur le banc d'essai, le CS-1 sera rechargé sur la péniche Pegasus pour un voyage vers le KSC, où il devrait arriver en juin 2019 afin de débuter les préparatifs de lancement. La NASA estime qu'il y a donc un risque de trois à quatre mois de retard pour que le core central atteigne ses jalons «prêts à être livrés à Stennis» et «à quai au KSC». Le lancement d’EM-1 ne peut donc être envisagé qu’au minimum en juin 2020.

"Green -run"

"Green -run"

Autre problème, et pas des moindres, le risque d'impact sur les tuyères des moteurs RS-25 pendant le décollage des pièces de l’« obturateur de buse » (nozzle plugs) des propulseurs d’appoint SRB qui se brisent et sortent de la tuyère lors de l'allumage du booster. Ces obturateurs protègent l'intérieur des boosters contre les différences de pression des quatre RS-25 situés à proximité, dès lors qu’ils s’allument, six secondes environ avant les SRB.

Les moteurs RS-25 et les tuyères des SRB étant beaucoup plus rapprochés sur le SLS que sur la navette spatiale, ces débris risquent de frapper le mur d’eau anti-bruit et vibrations et donc rebondir sur les tuyères des RS25… Sale journée !

Les études qui débutent à peine, se portent donc sur la modification de l’angle des buses qui envoient l’eau afin d’éloigner les débris loin des moteurs et aussi sur un nouveau design des obturateurs.

Pendant ce temps, un jumeau de tout l’ensemble Orion appelé STA pour Structural Test Article  a été construit pour être testé avant le premier lancement.

La «pile combinée» du Module d’équipage CM, de l'ESM, du CMA, du LAS, du cône de l'adaptateur du module de service et de l’adaptateur d’étage d’Orion OSA sont actuellement testés pour couvrir les aspects d'EM-1 et la mission EM-2, qui sera le premier vol Orion avec équipage. Les éléments sont testés dans différentes configurations de vol pour vérifier et valider les modèles de charges analytiques.

Des avancées sur EM-1 mais toujours des retards...
Des avancées sur EM-1 mais toujours des retards...

Enfin, les « STA » de l’étage central du SLS sont en cours de test au MSFC. Les essais de la section moteur ont été achevés plus tôt cette année et celui de l’intertank est en cours de chargement dans son banc d'essai pour des tests qui débuteront à la fin de l'été. 

Les deux STA restantes pour les réservoirs d'hydrogène et d'oxygène liquides devraient être livrées au MSFC en septembre et en octobre prochain pour des essais qui débuteront début 2019.

Des avancées sur EM-1 mais toujours des retards...
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